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Dr Edward
Bach
Sa Vie Son
Œuvre
par
Gilbert Anken
« Si je devais choisir une seule
méthode de traitement parmi toutes celles qui existent au monde, je
choisirais les quintessences florales du docteur Bach. Je suis convaincue
qu’elles ont plusieures décennies d’avance sur leur temps, et qu’elles
deviendront bientôt une référence pour la grande majorité des médecins et
de leurs patients. Elles ont, d’une façon ou d’une autre, un effet très
subtil sur le Moi intérieur, dont elles résolvent rapidement les conflits,
alors qu’une psychothérapie aurait pris des années, en supposant qu’elle
soit réussie. » C.K. Munro, gynécologue
obst., Londonderry, Irlande du Nord, GB.
Edward
Bach naît le 24 septembre 1886 près de Birmingham dans le Warwickshire. Sa
santé, dans les premières années de sa vie, est fragile et demande
beaucoup de soins. Puis, avec l’âge, elle s’améliorera. Dans ses veines
coule du sang gallois qui renforce et affine son intuition et sa
sensibilité. Il doit à ces qualités une grande attirance pour tout ce qui
est beau, et un attrait précoce pour la nature. Ecolier, cet amour le
pousse à parcourir à pieds, pendant les vacances, les montagnes et les
villages du pays de Galles. Il dort où il peut, seul avec le vent et les
frémissements de la nuit.
Très tôt s’exprime toute la richesse de son caractère. Indépendant et spontané, il est aussi plein d’humour. Mais parfois, il se retire en lui-même et devient silencieux et méditatif.
C’est dans cet état qu’il peut, pendant des heures, contempler l’écorce
d’un arbre ou quelques fleurs épanouies sur un talus.
La détresse
ou la douleur d’une créature, quelle qu’elle soit, l’envahit de
compassion. Cette qualité, la plus frappante, le fera aimer de tous ceux
qui l’approcheront. C’est elle aussi qui le fait rêver, très jeune déjà,
qu’il découvre une méthode de guérison simple et applicable à toutes les
maladies. Cet idéal se transformera en une conviction qui sera la source
de l’énergie qui le brûlera toute sa vie et détruira les nombreux
obstacles dressés sur sa route. Il décide de concrétiser son rêve en
devenant médecin.
En 1903, âgé de 16 ans, il quitte l’école.
Sachant que ses parents ne pourraient supporter les frais de longues
études, il choisit de travailler dans la fonderie de son père. Durant
trois ans, sans renoncer à devenir médecin, il va approcher le monde
ouvrier et développer sa compréhension de la nature humaine. Il sera
aussi, brièvement, représentant de la firme paternelle. Mais son total
manque de sens des affaires le pousse à consentir à ses clients des prix
que la fabrique ne pourrait honorer sans risquer la faillite. Aussi le
place-t-on très vite à un autre poste.
En 1906, il s’engage dans
la Cavalerie du Worcestershire. Là, il retrouve, après le bruit et la
sédentarité de l’usine, le grand air et les chevaux qui lui permettront
d’exprimer librement l’amour qu’il porte aux animaux.
Bien qu’elles lui aient paru très longues, les trois années passées dans
l’usine paternelle lui ont appris deux vérités essentielles: il a réalisé
à quel point les horaires réguliers sont nuisibles à son inspiration.
Celle-ci est imprévisible et, si elle ne trouve à s’exprimer, elle
s’enfuit. Ensuite, il a été confronté quotidiennement aux craintes des
ouvriers pour qui la maladie signifie perte de l’emploi et frais médicaux
exorbitants. Cette sombre réalité le renforce dans sa conviction de
trouver des moyens peu onéreux d’apaiser les inquiétudes et de guérir les
corps de ceux qui souffrent. Pour parvenir à ce but, il pense devoir
étudier d’abord toutes les méthodes de traitements connues. Seules des
études médicales peuvent lui apporter ces connaissances indispensables.
L’aspect financier du projet le retient un instant encore, mais
finalement, à sa plus grande joie, son père se montre prêt à l’aider
pécuniairement et, à l’âge de vingt ans, il entre à l’université de
Birmingham.
De 1912, date à laquelle il obtient son diplôme de
médecin au Centre Hospitalier Universitaire (C.H.U.) de Londres, jusqu’en
1930, il quitte rarement la capitale anglaise. L’obsédant désir de
découvrir le mode de guérison dont il rêve absorbe la totalité de son
temps. Pourtant, malgré cette occupation astreignante, il souffre. La
nature lui manque. Il craint si fort que son appel ne le détourne de sa
tâche qu’il renonce même à se promener dans les parcs. Il ne sait pas
encore que cette nature, et non les laboratoires, lui offrira les remèdes
qu’il cherche.
Pour l’heure, les temps sont difficiles. Par respect pour son père, il
a renoncé à l’argent que celui-ci lui donnait et demandé une bourse. Sa
santé n’est pas très bonne, les livres sont chers, les fins de semaines,
faute d’argent, se terminent souvent en diètes forcées. Aussi lui
faudra-t-il souvent travailler jusqu’au coeur de la nuit pour joindre les
deux bouts. Mais son feu intérieur consume les obstacles et éclaire de
nouveaux horizons. Peu enclin à s’alourdir d’un savoir purement théorique
( à la remise de ses diplômes, il dira: “ Il me faudra cinq ans pour oublier
ce que j’ai appris ” ), il comprend qu’il doit porter sur chaque malade un
regard neuf. Chaque personne est affectée par son mal d’une façon
différente qui conditionne la durée et la gravité de la maladie.
Simultanément, Bach découvre qu’un traitement identique ne guérit pas
toujours une même maladie. Ainsi, très tôt dans sa pratique, apprend-t-il
à donner à la personnalité du malade davantage d’importance qu’aux
symptômes rencontrés. L’attitude du patient face à la vie est l’élément
déterminant du choix et de l’efficacité de la thérapie. Ces vérités seront
le fondement de son oeuvre.
En 1913, Bach quitte ses fonctions hospitalières au profit d’un cabinet
privé où il ne tarde pas à être très occupé. Pourtant, bien qu’il soit un
praticien indéniablement efficace, il est de moins en moins satisfait de
ses résultats. Il pense que l’échec apparent est dû au fait que les
médecins sont trop axés sur les problèmes purement physiques et négligent
le psychisme. Ce handicap de la médecine l’incite à chercher des voies de
guérison plus efficaces et plus durables. Il se tourne alors vers
l’immunologie. Devenu assistant au Service de Bactériologie du C.H.U. il
découvre la relation, négligée jusqu’alors, de certains germes intestinaux
dans le développement de maladies chroniques. Après des mois de
recherches, il met au point, à partir de ces germes intestinaux, un vaccin
dont les résultats dépasseront ses espérances. Mais le mode
d’administration, par injection hypodermique, est douloureux. En voulant
éviter à ses patients de trop fréquentes injections, Bach découvrira que
si l’on ne renouvelle pas le vaccin tant que ses effets bénéfiques se
poursuivent (ou que l’état du malade devient stationnaire), les résultats
sont meilleurs qu’après injections de doses répétées à intervalles
réguliers.
Lorsqu’en 1914 la guerre éclate, sa mauvaise santé lui vaut d’être, à
son grand regret, réformé plusieurs fois. Son état est même jugé si grave
que son médecin lui donne trois mois à vivre. L’idée de ne pouvoir achever
une oeuvre qu’il juge à peine commencée le torture. Il surmonte néanmoins
son désespoir et décide d’utiliser jusqu’à la dernière seconde le peu qui
lui reste à vivre. Totalement absorbé par son travail, il lui faudra un
certain temps pour réaliser que sa santé s’améliore et devient meilleure
qu’elle ne l’a été depuis longtemps. En cherchant les causes de cet
incroyable rétablissement, il découvre une vérité qui sera largement
appliquée dans son travail ultérieur: un intérêt absorbant, un grand
amour, un but précis, sont des facteurs déterminant de bonheur et de
santé, des stimulants de premier ordre dans la lutte contre les
maladies.
Bach reprend ses recherches avec une vigueur accrue
mais, éternel insatisfait, il déplore que ses vaccins soient parfois
inefficaces contre certaines maladies chroniques. Cet obstacle, conjugué à
des problèmes administratifs, va conduire son travail dans une nouvelle
direction.
A la fin de 1918, Bach est contraint par le C.H.U.
de choisir entre son activité hospitalière et son cabinet privé. Son
aversion des horaires fixes le pousse à opter pour le second. Il est
néanmoins décidé à poursuivre ses recherches sur la toxémie intestinale et
aménage chez lui, en se ruinant presque, un laboratoire
expérimental.
Peu après, en mars 1919, il obtient le poste de
pathologiste et de bactériologiste à l’Hôpital Homéopathique de Londres.
C’est à ce moment qu’il découvre l’Organon, écrit par le fondateur de
l’homéopathie: Hahnemann. Bach remarque quelques analogies entre son
oeuvre et celle de son prédécesseur. Hahnemann a aussi remarqué, près d’un
siècle plus tôt, le rapport existant entre la maladie chronique et
l’intoxication alimentaire. Il a également démontré que l’efficacité des
doses de remèdes administrés est augmentée si une nouvelle dose n’est pas
administrée avant que l’amélioration due à la dose précédente ne
s’atténue. Mais les deux hommes ont surtout compris ce qui, de nos jours,
ne semble pas l’être vraiment, à savoir que la base de toute guérison
durable réside dans le traitement du malade et non de la
maladie.
L’Organon refermé, Bach rêve de combiner, pour une meilleure
efficacité, ses découvertes et celle d’Hahnemann. Celui-ci affirme qu’une
des trois toxines (Syphilis - Sycose - Psore) doit être éliminée pour que
la guérison d’une maladie chronique soit obtenue. Les deux premières
toxines sont bien connues alors que la troisième ne l’est pas. Bach
l’identifie à sa toxémie intestinale, ce poison induit par certains germes
dans l’intestin. Dès lors, il est en mesure de fabriquer des vaccins issus
de germes différents par la méthode homéopathique de préparation. Il
obtient grâce à ces produits appelés nosodes, d’excellents résultats. Le
processus de purification du tractus intestinal entraîne une remarquable
amélioration de l’état de santé général du patient et la guérison de
nombreux symptômes locaux. Dans le même temps, il met au point les types
psychologiques correspondant aux sept groupes bactériens principaux
utilisés pour la fabrication des nosodes. Une fois n’est pas
coutume, les travaux de “l’outsider” Bach provoqueront l’intérêt soutenu
du corps médical.
Pourtant, malgré le succès des nosodes, pris
par voie buccale, Bach se rend compte que toutes les maladies chroniques
ne cèdent pas à ses traitements. De plus, son souhait a toujours été de
remplacer les facteurs pathogènes ( les germes intestinaux dont sont issus
les vaccins ) par des remèdes plus purs. Il se tourne donc une fois de plus
vers la nature et plus particulièrement vers les plantes dont il espère
qu’elles lui permettront de créer des remèdes capables de guérir, en
traitant les états d’âme du patient, n’importe quelle maladie. Tant il est
vrai qu’aux yeux d’Edward Bach la forme de la maladie, son type, son nom
et sa durée n’ont aucune importance.
L’an 1928 verra ses recherches s’orienter dans cette nouvelle
direction. C’est cette année-là que Bach découvrira les trois premiers des
38 remèdes floraux qui remplaceront les nosodes. Jusqu’à cette date, les
découvertes avaient été faites par la voie de la recherche scientifique.
Désormais, cette approche matérialiste cédera la place à une approche
visionnaire, totalement intuitive.
D’abord il élargit sa théorie des groupes psychologiques en examinant
ses patients avec une attention accrue. Chaque mouvement d’humeur, chaque
réaction à la maladie, toute manie et “petite habitude” sont notés et le
traitement établit en fonction de ces indications.
A la fin septembre (1928) il éprouve le besoin de se rendre au Pays de
Galles où il découvre les deux plantes dont il fera les premiers élixirs
floraux: L’Impatiens et la Muscade, suivies cette même année, par la
Clématite sauvage. Il prépare ces fleurs comme il a préparé les vaccins
buccaux et obtient immédiatement de remarquables résultats. Un système de
médecine entièrement nouveau vient de voir le jour.
Bach sacrifiera à cette voie nouvelle, lumineuse mais incertaine, sa
clientèle et, pour une part, sa renommée car nombre de ses condisciples ne
veulent le suivre dans ses nouvelles conceptions, à leurs yeux sans grande
utilité pratique. Mais la décision est prise et au printemps 1930, âgé de
43 ans, Bach reprend toutes ses recherches sur des bases différentes.
Il se met en route pour le Pays de Galles, sans plan clairement défini,
avec seulement quelques valises et peu d’argent. Mais toujours, chevillée
au coeur, l’absolue certitude de découvrir bientôt une forme de médecine
simple, efficace et peu onéreuse. Une médecine dont la Nature seule sera
l’agent.
Pour Bach, guérir son prochain n’est pas une profession, mais une
oeuvre divine. La santé ne lui apparaît donc pas comme un bien monnayable
mais comme un droit fondamental de l’homme. Ce sens d’une mission presque
mystique, allié à son immense générosité, lui interdiront, depuis son
arrivée en Pays de Galles et jusqu’à sa mort, de faire payer ses conseils.
Il vivra de dons d’amis ou de patients reconnaissants. Cependant, malgré
les privations constantes, il aura toujours de quoi manger et poursuivre
ses travaux. Il voit dans ce fait l’expression d’une loi universelle :
celui qui suit le chemin que lui destine la Vie ( Bach parlera de se placer
sous la conduite d’un Moi supérieur ) trouve en toutes circonstances l’aide
nécessaire à la poursuite de ses buts.
Bach arpente en tous sens
la région dans laquelle il s’est installé (non loin de Bettw-y-Coed). Loin
des nuisances de Londres il est heureux et ne tarde pas à remarquer que sa
sensibilité et son intuition s’affinent. Il voit, sent et entend, des
choses ignorées jusqu’alors. Ainsi, un matin de mai, a-t-il le sentiment
que la rosée doit contenir un peu de l’énergie de la plante sur laquelle
elle repose. Plus tard, il constatera que la chaleur du soleil est vitale
pour le processus d’extraction des vertus curatives des fleurs, car la
rosée recueillie sur des plantes qui poussent à l’ombre n’est pas aussi
puissante que celle des plantes exposées en plein soleil. Ainsi va naître
la “méthode solaire” de préparation des remèdes. Technique infiniment plus
simple que celle utilisée en homéopathie.
Par son sens du toucher finement développé, Bach capte les vibrations
et l’énergie de n’importe quelle plante. En plaçant une fleur ou un pétale
sur sa main ou sa langue son corps réagit immédiatement aux vibrations
émises par la plante. Certaines ont un effet fortifiant ou revitalisant,
d’autres provoquent fièvres, vomissements et éruptions. Armé de cette
incroyable sensibilité, il ne reste au chercheur qu’à trouver les “bonnes”
plantes, celles qui combleront son rêve de mettre à la portée de tous
santé et joie de vivre.
En juin et juillet de cette année 1930, il rédige l’ouvrage intitulé
“ Guéris-toi toi-même ”, “ dédié à tous ceux qui souffrent et sont dans la
détresse ”. Il nous livre en quelques pages le fruit de son expérience et
affirme sa foi en l’homme redevenu lui-même, libre des carcans imposés,
jouissant d’une santé retrouvée et d’une inaltérable joie de vivre. Mais
laissons parler Bach:
“ Les méthodes matérialistes actuelles ne viendront jamais à bout de la
maladie pour la simple raison que la maladie, à l’origine, n’est pas
matérielle. (...) la maladie est, dans son essence, le résultat d’un
conflit entre l’âme et l’esprit et ne sera jamais extirpée sans un effort
spirituel et mental. ” Pour comprendre la nature de la maladie, il
importe de reconnaître certaines vérités fondamentales.
La première de ces vérités, c’est que l’homme a une âme qui est son moi réel,
un Être Divin, Puissant, un Fils du Créateur de toutes choses, dont le
corps, bien que temple terrestre de cette Âme, n’est qu’un faible reflet;
que notre Âme (...) dispose à son gré de notre vie et pour autant que nous
nous y prêtions, nous guide, protège et encourage, attentive et
bienfaisante à nous diriger pour notre plus grand bien; qu’Elle, notre Moi
Supérieur, est invincible et immortelle.Le second principe, c’est que,
tels que nous nous connaissons en ce monde, nous sommes des personnalités
placées ici dans le but d’acquérir toute la connaissance et l’expérience
qui se peuvent obtenir par l’existence terrestre, de développer des
qualités qui nous manquent et d’éliminer tout ce qui est mauvais en nous,
progressant ainsi vers la perfection de notre nature. L’Âme sait quel
milieu, quelles conditions sont les plus propres à nous permettre
d’atteindre le but et nous place là où il convient que nous soyons à cet
effet. ( La difficulté réside souvent dans l’incapacité où nous sommes de
distinguer entre la volonté de l’Âme et les caprices de l’ego -
n.d.r.)
Troisièmement, il nous faut bien comprendre que le bref passage sur
cette terre que nous connaissons en tant que vie n’est qu’un instant dans
le cours de notre évolution, telle une journée d’école dans une existence.
Et bien que nous ne puissions pour le moment voir et comprendre que ce
seul jour, notre intuition nous dit que la naissance fut infiniment loin
de notre commencement et que la mort est infiniment loin de notre fin. Nos
Âmes, qui sont réellement nous, sont immortelles et les corps dont nous
sommes conscients sont temporaires, comme des chevaux que nous montons
pour accomplir un voyage ou des instruments dont nous nous servons pour
exécuter un travail
Vient ensuite un quatrième grand principe, c’est que tant que notre Âme
et notre personnalité sont en harmonie, tout est joie et paix, bonheur et
santé. Le conflit surgit quand notre personnalité s’écarte de la voie
tracée par l’Âme, soit par l’entraînement de nos propres passions, soit
par la persuasion des autres. Ce conflit est la cause profonde de la
maladie et de l’insatisfaction. Peu importe notre tâche en ce monde -
cireur de chaussures ou monarque, propriétaire ou paysan, riche ou pauvre
- tant que nous accomplissons cette tâche particulière selon les
directives de l’Âme, tout va bien, et nous pouvons en outre être assurés
que quelque position que nous occupions dans la vie, princière ou
inférieure, elle contient les leçons et les expériences nécessaires à ce
moment de notre évolution et nous donne la meilleure chance pour notre
développement.
Le dernier grand principe est la compréhension de
l’unité de toutes choses, que le Créateur de toutes choses est l’Amour et
que tout ce dont nous avons conscience est dans toute son infinité de
formes une manifestation de cet Amour, qu’il s’agisse d’une planète ou
d’un caillou, d’une étoile ou d’une goutte de rosée, d’un homme ou de la
plus infime forme de vie.” Après avoir stigmatisé les sentiments
erronés ( jalousie, colère, ignorance etc. ) qui sont les racines de toutes
maladies, Bach se fait réconfortant et nous donne, pour sortir de nos
conflits, un indice précieux: “ Il n’y a cependant pas lieu de désespérer,
dit-il, il est possible de prévenir et de guérir la maladie en découvrant
l’erreur qui est en nous et en l’éliminant, non en luttant contre nos
défauts, mais en cultivant en nous les vertus opposées, de telle sorte
qu’ils disparaîtront d’eux-mêmes.” Par ces quelques lignes, Bach
rejoint la sagesse trois fois millénaire du Y-King dont le 43ème
hexagramme traite du mal et des moyens de s’en défaire. Ecoutons le vieux
maître chinois : [1]
“ La passion et la raison ne peuvent coexister, c’est pourquoi un combat
sans merci est indispensable si l’on veut établir le règne du
bien.
Toutefois il existe dans le combat résolu du bien pour écarter le mal
des règles déterminées qui ne doivent pas être perdues de vue si l’on veut
obtenir le succès.
1. La résolution doit reposer sur l’union de la force et de la
bienveillance.
2. Un compromis avec ce qui est mauvais n’est pas possible; le mal doit
en toutes circonstances être discrédité ouvertement. (...).
3. Le combat ne doit pas être mené par la violence. (...) Nos propres
défauts ne doivent pas être combattus directement. Tant que nous luttons
contre eux, ils demeurent victorieux.
4. La meilleure manière de combattre le mal, c’est un progrès énergique
dans le bien.” Laissons Bach s’exprimer à nouveau: “ Quand on a
découvert le défaut, il ne faut pas oublier que le remède ne consiste pas
à lui livrer bataille, à user de volonté et d’énergie pour faire
disparaître un mal, mais à développer régulièrement, sans défaillance la
vertu opposée, ce qui aura pour effet d’effacer automatiquement de notre
nature toute trace de l’indésirable. C’est là la vraie méthode, la méthode
naturelle pour progresser et vaincre le mal, beaucoup plus facile et plus
efficace que de combattre un défaut particulier. Lutter contre un défaut
accroît son pouvoir, maintient notre attention fixée sur sa présence. Nous
sommes ainsi engagés dans une vraie bataille, et tout ce que nous pouvons
en attendre, c’est, dans le meilleur des cas, une victoire par
refoulement, ce qui est loin d’être satisfaisant puisque l’ennemi est
toujours en nous et peut profiter d’un moment de faiblesse de notre part
pour se manifester à nouveau. Oublier le défaut et s’efforcer
consciencieusement de développer la vertu qui le rendra impossible, c’est
cela la vraie victoire.” Plus loin, Bach met à jour une autre cause
de malaises physiques : l’indécision. Mais, ajoute-t-il, “lorsque l’on
sera guérit de l’égoïsme, l’instabilité fera place à la détermination si
l’on s’exerce à prendre des résolutions et à passer aux actes sans
tergiverser dès que la décision est prise. Même s’il arrive au début que
l’on commette des erreurs, il vaut encore mieux agir que de laisser passer
des occasions par manque de décision.[2] Bientôt croîtra la détermination;
on n’aura plus peur d’affronter la vie et l’expérience acquise nous
donnera un meilleur jugement.” L’énergie qui oscille entre deux pôles
s’épuise et, en affaiblissant le corps, ouvre la porte à une grande
variété de malaises tels que palpitations cardiaques, migraines, eczéma et
autres, pour ne parler que des moins graves.
“ Enfin, nous invite Bach, ne craignons pas de nous plonger dans la vie.
Nous sommes ici pour acquérir expérience et connaissance[3], et nous
n’apprendrons guère si nous ne faisons pas face aux réalités et ne
cherchons pas le plus possible. Une telle expérience peut s’acquérir
n’importe où[4], et l’on peut découvrir les secrets de la nature et de
l’humanité aussi bien, sinon mieux, dans une retraite campagnarde que dans
le bruit et l’agitation d’une ville. ” Dans sa volonté de voir l’homme
libre de toutes entraves, Bach fait penser, en certains passages, à
Krishnamurti.
“ Que chacun se souvienne, dit le médecin anglais, qu’une tâche
particulière a été fixée pour lui par l’Âme et qu’il doit l’accomplir,
peut-être même sans en avoir conscience, faute de quoi il soulèvera
inévitablement un conflit entre son Âme et sa personnalité qui, de toute
nécessité, réagira sous forme de désordres physiques.
Ce peut
être, il est vrai, la vocation d’un individu de consacrer sa vie à un seul
être, mais il doit auparavant être absolument certain que c’est là le
commandement de son âme et non la suggestion de quelque autre personnalité
dominante qui s’impose à lui ou de fausses idées du devoir qui l’égarent.
Qu’il n’oublie pas non plus que nous venons en ce monde pour gagner des
batailles, pour acquérir la force de résister à ceux qui voudraient nous
régenter, et pour arriver à ce stade où nous poursuivrons notre existence
dans la quiétude (...). Beaucoup auront à livrer leur plus grande bataille
dans leur propre maison où, avant de gagner leur liberté pour remporter
des victoires dans le monde, ils devront se libérer de la domination
adverse et de l’autorité de quelques très proche parent.
Tout être, adulte ou enfant, dont la tâche consiste en partie à se
libérer de l’autorité dominatrice d’un autre, ne doit pas perdre de vue
que son prétendu oppresseur est à considérer de la même manière que nous
regardons l’adversaire en sport, comme une personne avec laquelle nous
jouons le jeu de la Vie, sans une ombre d’amertume, et que sans de tels
adversaires, nous n’aurions pas l’occasion de développer notre courage et
notre individualité.” Face aux mensonges et aux faiblesses qui nous
retiennent prisonniers des autres et des idées traditionnellement reçues,
Krishnamurti se fait presque brutal. Ainsi, lors du fameux discours qu’il
prononça à Ommen en 1929: “La Vérité est un pays sans chemins que l’on ne
peut atteindre par aucune route quelle qu’elle soit : aucune religion,
aucune secte. (.,..) S’il n’y a que cinq personnes qui veuillent entendre,
qui veuillent VIVRE, dont les visages soient tournés vers l’éternité, ce
sera suffisant. A quoi cela sert-il d’avoir des milliers de personnes ne
comprenant pas, définitivement embaumées dans leurs préjugés, ne voulant
pas la chose neuve, originale, mais la voulant traduite, ramenée à la
mesure de leur individualité stérile et stagnante... (...) je désire que
ceux qui cherchent à me comprendre soient libres. Et non pas qu’ils me
suivent, non pas qu’ils fassent de moi une cage qui deviendrait une
religion, une secte. Ils devraient plutôt s’affranchir de toutes les
craintes : de la crainte des religions, de la crainte du salut, de la
crainte de la spiritualité, de la crainte de l’amour, de la crainte de la
mort, de la crainte même de la vie (...). Mon dessein est de faire des
hommes inconditionnellement libres (...) je veux donc délivrer l’homme et
qu’il se réjouisse comme un oiseau dans le ciel clair, sans fardeau,
indépendant, extatique au milieu de cette liberté.”
[5]Quand à la relation
parents-enfants, voici ce qu’en disait Bach il y a près de soixante-dix
ans: “On devrait dès le début apprendre à l’enfant l’indépendance,
l’individualité de la liberté, et l’inciter le plus tôt possible à penser
et à agir par lui-même. Le contrôle parental devrait céder pas à pas à
mesure que se développe chez l’enfant la capacité de se diriger lui-même
et par la suite, aucune contrainte ou fausse idée de devoirs envers les
parents ne devraient faire obstacle aux directives de l’Âme de
l’enfant.(...) Les enfants ne doivent pas oublier que l’office de parents,
en tant que symbole de pouvoir créateur, est mission divine, mais
n’appelle aucune restriction dans leur développement, aucune obligation
qui pourrait mettre obstacle à la voie et au travail qui leur sont tracés
par leur Âme. On ne saura jamais combien, dans notre civilisation
actuelle, l’ignorance de cette vérité peut causer d’indicibles
souffrances, étouffer des dispositions naturelles et développer de
caractères dominateurs. Dans presque chaque foyer, parents et enfants
élèvent eux-mêmes des prisons en partant de sentiments absolument faux et
d’une conception erronée des rapports qui doivent exister entre eux. Ces
prisons font obstacle à la liberté de tous les intéressés, les empêchent
de vivre pleinement, contrarient leur épanouissement naturel, les rendent
malheureux; et les troubles mentaux, nerveux et même physiques qui
affligent de telles personnes représentent certainement une très forte
proportion de la maladie de notre temps.” Dans les dernières pages de
ce très riche “Guéris-toi toi-même” nous trouvons cette ultime
exhortation:
“ Nous devons développer notre individualité et nous libérer de
toutes les influences de monde, en sorte que n’obéissant qu’aux directives
de notre Âme, indépendamment des circonstances ou des autres, nous
devenions nos propres maîtres, dirigeant notre barque sur les flots
houleux de la vie sans jamais quitter la barre ni, à aucun moment, en
laisser la conduite à un autre. Il nous faut gagner notre liberté
absolument et complètement, de sorte que tout ce que nous faisons, chacune
de nos actions, voire même chacune de nos pensées, tire son origine de
nous-mêmes, nous permettant ainsi de vivre et de donner librement, de
notre propre mouvement, notre propre mouvement seul.
Notre plus grande difficulté à cet égard peut venir de ceux qui nous
sont le plus proches, à une époque (nous sommes en 1930, mais les choses
ont-elles fondamentalement changés?) où le soucis des conventions et de
fausses conceptions du devoir sont si terriblement répandus. Il nous faut
affermir notre courage, suffisant chez tant d’entre nous pour faire face
aux choses apparemment importantes de la vie, mais qui nous abandonne
cependant dans les épreuves plus intimes. Nous devons être capables de
déterminer objectivement le bien et le mal et d’agir sans hésitation en
présence d’un parent ou d’un ami. Combien d’entre nous sont des héros au
dehors qui se conduisent comme des couards chez eux !” Le manuscrit
sera refusé par les éditeurs : on le juge trop révolutionnaire ! A court
d’argent, ( il en sera ainsi jusqu’à la fin de sa vie en 1936 ) Bach ne peut
avancer les frais d’impression. Il range son manuscrit et se met en quête
de nouvelles fleurs guérisseuses.
En août 1930, Bach quitte Londres et s’installe à Cromer, en bord de
mer, sur la côte du Norfolk. C’est de là qu’il partira, durant les quatre
années suivantes, pour sillonner, à la recherche des plantes, de nombreux
comtés d’Angleterre et du Pays de Galles.
Les principes de la nouvelle méthode de guérison sont maintenant clairs
dans son esprit. La maladie, dit-il, est une sorte de consolidation d’une
attitude mentale et il est seulement nécessaire de traiter l’humeur du
patient pour que la maladie disparaisse. Les remèdes allopathiques
soulagent les symptômes physiques mais n’en suppriment pas la cause qui
est l’état d’esprit du malade. Il ajoute toutefois que la volonté de
guérir reste le facteur déterminant.
L’humeur change fréquemment, parfois même d’une heure à l’autre, aussi
faut-il souvent varier les remèdes et considérer, chaque fois qu’il vient,
le malade comme nouveau, appelant un nouveau diagnostique et un nouveau
traitement.
Finalement, Bach classera les états émotionnels en douze types
marquants: 1 - Peur 2 - Terreur 3 - Torture mentale ou
anxiété 4 - Indécision 5 - Indifférence ou ennui 6 - Doute ou
découragement 7 - Inquiétude exagérée 8 - Faiblesse 9 - Manque de
confiance en soi 10 - Impatience 11 - Fanatisme 12 - Orgueil ou
fierté.
D’août à septembre 1930, Bach découvre et prépare de
nouvelles plantes dont le Plumbago, la seule plante, originaire du Tibet,
qui ne pousse pas à l’état sauvage sous nos latitudes, et le Scléranthe
qui fera merveille contre l’indécision.
Considérant que le traitement habituel des plantes (cueillette,
transport, séchage, mise en sachet, etc.) leur fait perdre trop de leurs
vertus curatives, Bach met au point une méthode de traitement qui lui
permet de capter, sur place, toute l’énergie régénératrice du
végétal.
Par un jour d’été sans nuages, il prend un bol de verre qu’il remplit
d’eau pure. Puis, il cueille délicatement les fleurs épanouies de la
plante choisie et les placent dans le bol jusqu’à recouvrir la surface de
l’eau. Puis il laisse le tout au soleil sur le lieu de la cueillette
durant trois ou quatre heures. Enfin, avec un brin d’herbe (car il veut
éviter que l’élément humain ne touche la préparation), il retire les
fleurs de la surface de l’eau. Celle-ci est alors transvasée dans des
flacons de verre sombre déjà rempli, pour moitié, d’eau de vie qui servira
de conservateur à cette “teinture”.
Les bols ayant servis à la préparation d’une teinture sont jetés après
usage afin d’éviter que la vibration énergétique d’une plante ne se
transmette à une autre. De même, afin d’éviter ce genre de contamination,
Bach se lavait les mains entre chaque manipulation.
Gurudas, quand à lui, préconise de couper les fleurs avec des cristaux
de quartz tranchants. Plutôt que d’être jetés, les bols sont stérilisés
dix minutes dans de l’eau bouillante et les cristaux de quartz sont lavés
au sel de mer.
Nous avons préparé une teinture de Gentiana amarella en coupant des
fleurs non pleinement épanouies comme le préconise Bach. L’état de bouton,
(de même que celui de graine) énergétiquement très yang, nous a semblé
propre à intensifier le processus de guérison. De plus, un raisonnement
analogique nous a poussé à inclure des plantes entières à la préparation:
s’il faut guérir le mal “à la racine”, alors la racine de la plante
“guérisseuse” doit participer énergétiquement au processus. L’efficacité
de cette préparation n’a pas encore été testée.
A la fin de l’année 1930, Bach réussit à faire éditer son “Guéris-toi
toi-même”. Dans le même temps, fidèle à son désir de partager tout de
suite ses nouvelles connaissances, il publie une série d’articles dans “Le
Monde Homéopathique”. Il soigne aussi de nombreux malades et confirme sa
théorie suivant laquelle, pour des maux différents, un même remède peut
s’avérer nécessaire, en fonction de l’état d’esprit des
patients.
Quelques exemples nous feront mieux comprendre l’art d’utiliser les
élixirs :
Premier cas : Il s’agit d’une femme de 45 ans, vive et enjouée,
toujours en mouvement, mais qui cache son anxiété sous un masque de
gaieté. Elle est devenue alcoolique depuis longtemps. Lorsqu’il la
rencontre pour la première fois, Bach trouve une femme à demi-consciente
qui n’a pratiquement rien mangé depuis une semaine et ne dort guère plus
de deux heures par nuit. Le fait de cacher ses soucis sous une joie
artificielle et de calmer son angoisse par l’alcool suggère
l’administration d’Aigremoine. Dès la première prise la malade sombre dans
un sommeil profond de plusieures heures. Son état général s’améliorera
dans les semaines qui suivent puis son penchant pour l’alcool disparaît.
Trois ans plus tard, l’amélioration persiste.
Second cas : C’est un petit garçon de huit ans, asthmatique de
naissance. Il est pourtant vif, plein de vie et sourit, ou rit même,
pendant les crises. Il prend Aigremoine pendant trois mois. Les crises
s’espacent puis cessent. Un an plus tard, il n’a fait aucune
rechute.
Troisième cas : Un homme de quarante ans a eu un accident de voiture
sept ans plus tôt. Il en est résulté une paralysie de l’épaule gauche.
C’est un handicap majeur pour cet homme dont le travail requiert l’usage
constant de ses deux bras. Il dissimule la crainte de perdre son emploi
sous un caractère enjoué ce qui incite à lui conseiller Aigremoine. En
cinq jours, la douleur disparaît puis il peut bientôt lever son bras
gauche.
Ces excellents résultats confirment Bach dans sa
conviction qu’un même remède combattant un même état d’esprit peut guérir
des maladies différentes.
Le cas suivant conduira Bach à une autre conclusion importante : des
patients souffrants d’une même maladie peuvent avoir besoin de remèdes
différents.
Il s’agit d’une femme qui, semblable au second cas, souffre d’asthme
depuis sa naissance. Sept ans plus tôt, elle a perdu son enfant, une
fillette. Depuis, elle passe de longues heures, en pleurs, devant la
photographie de son enfant. Elle a perdu presque tout intérêt pour le
reste de sa famille. Son caractère rêveur appelle Clématite. A la fin du
premier flacon, les crises d’asthmes ont disparu et trois ans plus tard
elle n’a pas fait de rechute. Nous pouvons donc résumer ainsi
:
XXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXX
a) Une maladie peut nécessiter des remèdes
différents. b) Des maladies différentes peuvent nécessiter le même
remède. Ces deux postulats sont les clefs de voûte de la
thérapeutique par les Elixirs Floraux. Entre 1931 et 1932, Bach
découvre les trois derniers remèdes des “douze guérisseurs” : La Violette
d’eau, la Gentiane d’automne et l’Hélianthème. Il écrit aussi un petit
livre qu’il intitule “Libère-toi toi-même” dans lequel il explique comment
l’homme peut apprendre à suivre son intuition.
Sa volonté de transmettre ses connaissances à tout un chacun le pousse
à écrire des articles pour les journaux. Il y décrit ses remèdes floraux,
leur usage, leurs indications en un langage si clair et pratique que même
ceux qui n’ont aucune connaissance d’anatomie et de pathologie peuvent
découvrir comment se soigner eux et leurs proches. Et ce qui était à
prévoir arrive : l’Ordre des Médecins demande des explications. Il
s’ensuivra, de novembre 1932 à novembre 1933 une correspondance qui ne
manque pas de sel. L’ordre accuse Bach de chercher, par ses articles, à se
faire une clientèle. Celui-ci répond d’une ligne, ou ne répond pas, ou
fait savoir qu’il n’a pas l’intention de renoncer à faire connaître, pour
le bien de tous, sa nouvelle méthode. Bach n’est pas un homme de
compromis. N’a-t-il pas, en quittant Londres, brûlé toutes les notes
concernant des travaux qu’il jugeait dépassés ? L’Ordre abandonne et,
jusqu’en 1936, le laissera poursuivre ses activités sans
l’inquiéter. En janvier 1933, Bach quitte Crommer et s’installe
quelques semaines à Marlow sur la Tamise. Il est à la recherche de
nouveaux remèdes dont il sait déjà qu’ils s’adresseront à des états
d’humeur plus chroniques que ceux du premier groupe qu’ils devront être
aussi beaucoup plus puissants. Le premier sera l’Ajonc, indiqué pour ceux
qui ayant été malades trop longtemps désespèrent de guérir. Le remède
suivant sera Oak, le chêne, utile à ceux qui n’abandonnent jamais la
lutte. Les deux derniers remèdes de cette série seront “Bruyère” et “Eau
de Roche”.
Ces découvertes n’empêchent pas Bach d’écrire et de publier “Les Douzes
Guérisseurs”, une plaquette dans laquelle il décrit les premiers remèdes
découverts ainsi que leurs indications, leur préparation et leur
posologie.
Beaucoup de personnes en Angleterre et à l’étranger utilisent ses
remèdes auxquels une innocuité totale et une efficacité prouvée assurent
une large diffusion. Cela incite Bach à mettre en vente, par
l’intermédiaire de deux grands pharmaciens londoniens, des coffrets
complets de “teinture-mère”. Ne demandant rien pour lui-même, il insiste
pour que ces coffrets soient vendus au plus bas prix possible.
Bach cherche maintenant un remède qui profiterait à ceux dont la
volonté de vivre pleinement leur vie manque, est insuffisante ou
hésitante. Il sait d’expérience, nous l’avons vu, qu’un but précis ou une
passion sont les nécessités premières d’une santé florissante. Il
reconnaît que trop de gens adonnés à un travail sans intérêt, voués à une
vie monotone, sont devenus des morts-vivants. Cela affecte jeunes et
vieux, et les malades qui souffrent de cet état se montrent peu empressés
à guérir. Leur manque de coopération et de volonté de rétablir leur santé
est, pour le thérapeute, un lourd handicap contre lequel peu d’armes
existent. “Wild Oat”, la folle Avoine, sera le remède capable de débloquer
de telles situations.
L’élixir suivant sera celui de la fleur d’Olivier. Bach démontre
qu’elle renferme la vie et l’énergie nécessaires à ceux qui vivent
pleinement leur vie mais que les expériences et les souffrances ont
affaiblis au point qu’ils n’ont plus la force d’aller de
l’avant.
Le dernier remède, la fleur de vigne, sera donné à ceux qui savent ce
qu’ils se veulent et le savent même un peu trop, au point de vouloir
imposer leur volonté sans discernement. Ce sera “l’élixir des
machos”. Durant l’hiver 1933-34, Bach met au point un remède
composé de trois plantes : Hélianthème, Clématis et Impatiens. Ce sera
l’ancêtre du fameux “Rescue”, le remède de secours à utiliser dans tous
les cas graves lorsque l’on n’a aucune autre thérapie à disposition. Dans
sa version définitive “Rescue” comprend encore l’Etoile de Bethléhem (Star
of Bethleem) et le Prunier mirobolant (Cherry Plum).
En possession d’un arsenal de 19 élixirs, Bach sait que sa recherche
est momentanément terminée. Il envisage donc de se fixer, pas trop loin de
Londres, et de se recréer une clientèle. C’est ainsi qu’un matin de mars
1934, il quitte Cromer pour parcourir, en quête d’une petite maison, de
nombreux comtés du sud de l’Angleterre. C’est à Sotwell qu’il la trouvera,
là qu’il achètera une bâtisse déjà baptisée “Mount Vernon”. Elle abrite,
aujourd’hui encore, le Centre Bach. Il passe là quelques temps seul, puis
ils s’adjoint trois collaborateurs qui l’aideront dans ses
recherches.
En mars 1935, il découvre le premier remède d’une nouvelle série de
dix-neuf. Jusqu’alors les élixirs s’étaient révélés à Bach par intuition
directe et avaient prouvé ensuite leur efficacité. Maintenant, les choses
se passent différemment : Bach éprouve d’abord, en lui-même, tous les
symptômes de la maladie dont il devra chercher le remède. Ceux-ci ne
disparaîtront pas avant que la plante salvatrice ne soit trouvée. Ce sont
des expériences exténuantes, à la limite du courage humain. Mais Bach
traversera les dix-neuf épreuves à venir sans se ménager ni jamais se
départir de sa foi.
Les dix-neuf élixirs seront trouvés dans les six mois qui suivent. Ils
seront, pour la plupart, extraits de brindilles ou de fleurs d’arbres
qu’il fait bouillir pendant une heure. Seule la fleur du Marronnier Blanc
sera dynamisée par la méthode solaire.Bien qu’épuisé par ses récentes
découvertes, Bach continue de recevoir des malades et d’enseigner sa
méthode à qui veut l’écouter. Cela lui vaut une nouvelle intervention de
l’ordre des médecins auquel il fait savoir, une fois encore, qu’il n’a
aucune intention de cesser ses activités, fusse au prix d’une radiation.
L’Ordre, une fois de plus, se repliera dans un silence offusqué et
poussiéreux.
L’année 1935 voit Bach travailler à la troisième et dernière édition du
livre qu’il nomme maintenant “Les Douze Guérisseurs et autres Remèdes”. Il
écrit aussi divers articles et donne des conférences. Mais ses forces
déclinent et le 27 novembre, sans avoir jamais cessé de travaillé, il
s’éteint dans son sommeil. Son ami, le Dr C.E. Wheeler, écrivit
alors : Brûlant et passionné, comme une flamme vive, Sans
une pensée pour lui-même, ne désirant à jamais Ni richesse, ni
puissance, ni influence, ni célébrité, Sauf celle qui pouvait favoriser
ses efforts Pour aider l’humanité. Si vif à comprendre tous les doutes,
les craintes, les faiblesses, et pourtant Si lent à juger ou condamner,
il étendait Simplement la main pour guérir, afin de favoriser la
croissance Des forces qui mènent à la communion et chassent la
haine, Dont le but est de permettre au monde entier d’entrer en contact
avec l’Infini. Dans les ténèbres nous attendons si longtemps la lumière, et
si souvent en vain, semble-t-il; Mais ici-bas, une vie s’incarna qui
passa trop vite, et cependant alluma un feu qui n’est pas prêt de
s’éteindre.
*
* * * * *
Actuellement, les élixirs floraux sont
connus et utilisés dans le monde entier. Des recherches sont effectuées
sur de nouvelles plantes en Australie, au USA, au Canada, entre autres.
Mais qu’en est-il de l’idéal d’Edward Bach ? Où est l’Homme libre et
heureux que tant de sages et de thérapeutes ont appelé de leurs voeux ? Où
que l’on se tourne : désastres, guerres, misère. Sans doute est-il temps,
plus que jamais, de se pencher sur ces médecines simples qui restent à la
portée de toutes les bourses car elles échappent, pour l’instant, à
l’emprise ruineuse des trusts pharmaceutiques. Elles seules pourraient
permettre à l’avenir d’alléger des charges sociales qui deviennent pour
beaucoup un poids insupportable, une porte ouverte sur la pauvreté
irrémédiable et l’exclusion définitive. Sans parler de l’aide qu’elles
pourraient apporter aux pays “en voie de développement” qui, eux, n’ont
simplement droit à rien. Mais encore faudrait-il en arriver à considérer
ces médecines comme des instruments
de prévention privilégiés et non tel un ultime recours lorsque les
traitement allopathiques ont échoués. (Reviendra-t-on aux temps heureux de
la Chine antique où les médecins acupuncteurs n’étaient pas payés si leurs
patients tombaient malades ?)
[Moins de 10ans après la publication de ces lignes, les profiteurs ont flairé l'argent et se sont emparés de ces médecines parallèles dont ils avaient affirmé, pendant des décenies, qu'elles n'étaient que de la poudre jettée aux yeux d'imbéciles crédules par des charlatans sans scrupules...]
Que l’humanité vive ses derniers temps ou
qu’elle marche vers un état d’être et de conscience supérieurs importe
peu. Ce n’est pas en s’appuyant sur un futur fantaisiste, dessiné à coups
d’ordinateurs, de prospectives financières où de rêveries mystiques, que
des solutions apparaîtront; c’est en restant centré sur l’immédiate
misère, celle qui se vit et s’éprouve au quotidien. Soulager cette
souffrance pourrait être, pour une grande part, l’affaire des médecines
douces. Mais c’est aussi l’affaire des thérapeutes. Nous ne suivons par le
Dr Bach lorsqu’il affirme que chacun peut, seul, se guérir. Nous pensons
qu’un miroir est nécessaire à l’homme qui veut se connaître. Nous ne
sommes pas, nous ne pouvons pas être, suffisamment honnêtes envers
nous-mêmes pour nous regarder en face. Et si nous l’étions, serions-nous
capables de nous regarder sans
jugement ? Le thérapeute peut être un précieux auxiliaire à qui veut
dépasser les problèmes superficiels et plonger dans l’obscurité de
l’esprit; cette obscurité qu’il faut éclairer si l’on veux recouvrer la
santé physique. Mais à quel thérapeute accorder sa confiance ? Laisser
parler son coeur, laisser s’exprimer ces “affinités électives” dont on dit
qu’elles sont le moteur de toute création, ne serait-ce pas le meilleur
moyen de trouver celui ou celle qui, associant connaissances et
expériences, deviendra le compagnon efficace de notre marche vers
l’apaisement et la lumière ?
Un poème
de Bashistya Shivânanta achèvera ce mémoire. Il pourrait fleurir la tombe
du Dr Bach tant il exprime le voeux secret de tout thérapeute authentique
:
Là
où se pose mon regard que l’espoir renaisse
et
que la conscience s’établisse,
Là
où se pose ma main, que recircule
la
vie abondante et harmonieuse,
Là
où je passe, que le bonheur afflue,
Là
où je siège, que la lumière soit,
Là
où je demeure,
que
la Vérité transparaisse.
*****
***
*
Notes
[1] Le Y-King, Wilhelm - Perrot - Ed. Médicis.
[2] Mahomet aussi enjoignait à ses disciples de ne pas céder au doute
car, disait-il, votre hésitation est mille fois plus dangereuse qu’une
mauvaise décision.
[3] Ceux qui sont séduits par l’idée qu’ils sont en ce monde pour
parfaire d’abord leur propre évolution liront avec intérêt le livre de
Claudia Rainville “Méta-médecine, la guérison à votre portée”. Editions
FRJ.On se souviendra aussi de l’affirmation d’Aurobindo cité par Satprem
in “Sri Aurobindo ou l’Aventure de la Conscience”: "L’Evolution ne consiste
pas à devenir de plus en plus saint ou de plus en plus intelligent ou de
plus en plus heureux. L’Evolution consiste à devenir de plus en plus
conscient".
[4] Un moine chrétien à un novice: “Reste dans ta cellule et ta cellule
t’apprendra tout.”
[5] Cité par
René Fouéré in “Krishnamurti ou la Révolution du Réel”. Le
Courrier du Livre, Paris.
[6] In: “La Nouvelle Aromathérapie” de Ph. Mailhebiau. Editions Jakin
1994
Le livre de référence pour l'utilisation des EF: "Les 38 quintessences florales du Dr.Edward Bach" par Mechthild Scheffer, Editions Librairie de Médicis.
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